La Commission européenne a récemment levé le voile sur une stratégie inédite visant à moderniser l’espace Schengen. Au cœur de ce plan : la volonté de briser le plafond historique des cinq ans pour la validité des visas à entrées multiples.
Cette réforme ne s’adresse pas à tous, mais cible une catégorie précise de voyageurs dont la mobilité est un moteur pour l’économie du Vieux Continent.
Un visa « récompense » pour les voyageurs de bonne foi
L’Union européenne souhaite transformer la gestion des flux migratoires en un outil de facilitation pour les profils dits « de bonne foi ». Ce projet d’extension de validité s’adresse en priorité aux demandeurs justifiant d’un historique de visas irréprochable et ne présentant aucun risque sécuritaire ou migratoire.
Plusieurs catégories de voyageurs fréquents sont directement visées :
- Les hommes et femmes d’affaires nécessitant des déplacements réguliers.
- Les chercheurs et scientifiques engagés dans des projets transfrontaliers.
- Les artistes amenés à se produire sur les scènes européennes.
En dépassant la limite actuelle de cinq ans, l’UE espère simplifier drastiquement les démarches pour ces profils fiables, tout en désengorgeant ses services consulaires souvent saturés.
Le tourisme : un enjeu à 515 milliards d’euros
Cette stratégie n’est pas uniquement administrative, elle est profondément économique. Le tourisme est un pilier structurel de l’UE, représentant environ 10 % de son PIB et pas moins de 23 millions d’emplois. En 2024, les recettes liées aux voyageurs internationaux ont atteint 515 milliards d’euros.
Pour maintenir cette attractivité, Bruxelles mise sur une dématérialisation totale. À terme, les vignettes papier collées dans les passeports disparaîtront au profit de visas numériques sécurisés, et l’intégralité des demandes se fera exclusivement en ligne.
Sécurité renforcée : L’arrivée de l’ETIAS en 2026
Faciliter ne signifie pas relâcher la surveillance. En complément de ces nouveaux visas longue durée, l’Union européenne déploiera en 2026 le système européen d’information et d’autorisation de voyage (ETIAS). Ce dispositif permettra d’optimiser les contrôles de sécurité en amont du voyage.
Pour garantir une sécurité rigoureuse, l’UE s’appuiera sur :
- Une meilleure interconnexion des bases de données européennes.
- L’utilisation avancée de la biométrie pour le filtrage des voyageurs.
- Le recours à l’intelligence artificielle pour identifier les risques potentiels.
Quel calendrier pour ces nouveaux visas ?
Le cadre juridique précis de ces visas à validité étendue sera détaillé lors de la révision du Code communautaire des visas prévue pour 2026. Bruxelles étudie actuellement plusieurs options : l’allongement pur et simple de la durée des visas existants, la mise en place d’un système de renouvellement périodique simplifié, ou encore la création d’un tout nouveau cadre pour les séjours de très longue durée.
Cette réforme marque une volonté claire de l’Europe de rester l’une des destinations mondiales les plus accueillantes pour les talents et les investisseurs internationaux.