Le mardi 10 février 2026, le groupe Jumia Technologies a officialisé ce que beaucoup craignaient : le retrait définitif de sa plateforme du marché algérien. Après quatorze années à tenter de s’imposer comme le réflexe d’achat en ligne des Algériens, le géant panafricain cessera l’ensemble de ses opérations d’ici le 10 mars 2026.
Une décision stratégique sous l’impulsion de Francis Dufay
Ce départ n’est pas un cas isolé, mais s’inscrit dans une restructuration globale et méthodique menée par le PDG du groupe, Francis Dufay. Ces dernières années, Jumia a multiplié les désengagements dans plusieurs pays africains, notamment au Cameroun, en Tanzanie, en Tunisie et en Afrique du Sud.
L’objectif affiché par la direction est clair : sacrifier la présence géographique au profit de la rentabilité annuelle visée pour 2027. Pour y parvenir, Jumia souhaite concentrer ses ressources humaines et financières sur ses marchés les plus porteurs, comme le Nigeria et l’Égypte, où le potentiel de croissance est jugé plus immédiat.
Un poids marginal malgré une présence historique
Malgré une présence de longue date et un statut de leader incontesté, l’Algérie pesait relativement peu dans la balance financière globale du groupe. En 2025, le marché algérien ne représentait qu’environ 2 % de la valeur brute des marchandises (GMV) de Jumia.
Au niveau mondial, le bilan de Jumia pour l’exercice 2025 est contrasté :
- Chiffre d’affaires : Une progression encourageante de 13 % (atteignant 188,9 millions de dollars).
- Rentabilité : Une perte d’exploitation qui demeure importante, s’élevant à 63,2 millions de dollars.
C’est précisément ce déficit persistant qui a poussé le groupe à couper les branches les moins productives de son portefeuille.
Les défis d’un marché complexe : Logistique et paiements
n 14 ans, la filiale locale, Jade E-Services Algeria SARL, a pourtant accompli un travail colossal, réussissant à étendre son réseau logistique à 44 wilayas. Cependant, ce déploiement s’est heurté à des spécificités locales difficiles à surmonter pour un modèle de marketplace international :
- La culture du cash : Malgré les efforts de numérisation, la préférence des consommateurs pour le paiement à la livraison et les transactions en espèces est restée une constante, compliquant la gestion des flux financiers.
- L’adaptation constante : Les coûts opérationnels liés au « dernier kilomètre » et à la gestion des retours ont pesé sur les marges de la filiale algérienne.
Quel avenir pour les vendeurs et les employés ?
Pour les centaines de vendeurs partenaires qui utilisaient Jumia comme vitrine principale, le compte à rebours a commencé. Le site ne sera plus accessible au-delà du 10 mars prochain. Jumia s’est toutefois voulu rassurant en s’engageant à solder l’intégralité des paiements dus avant la fermeture des portes.
Sur le plan social, ce départ entraînera des coûts liés aux licenciements, à la résiliation des baux et à la liquidation des actifs. Pour l’écosystème numérique algérien, cette sortie laisse un vide immense, mais ouvre également la voie à des solutions logistiques et des plateformes locales plus agiles, prêtes à reprendre le flambeau du commerce en ligne.
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