Féminicide d’Asma Oumaima : L’appel au secours des associations et militantes

À la suite du féminicide atroce de la jeune Asma Oumaima à Sidi Akkacha (Chlef), un collectif d’associations de défense des droits des femmes et de militantes pour le droit des femmes et des enfants sort du silence. Dans un appel à l’action commun, elles dénoncent avec force l’échec des institutions sécuritaires, éducatives et judiciaires à protéger une enfant dont le calvaire était connu de tous. Pour ces actrices de terrain, ce n’est plus seulement un drame familial, c’est une faillite d’État.

Le constat des militantes : « Un crime de non-assistance »

Les associations signataires (Réseau Wassila, CIDDEF, Tharwa N’Fadhma N’Soumer, et bien d’autres) rappellent que ce meurtre était évitable. Asma, moins de 16 ans, avait multiplié les appels au secours auprès de son lycée et de la gendarmerie. En dépit de la Loi n°15-12 relative à la protection de l’enfant, aucun mécanisme d’éloignement n’a été activé.

« C’est un horrible assassinat dont nous portons tous et toutes la responsabilité, coupables du crime de non-assistance à personne en danger », martèlent les militantes dans leur communiqué.

L’APPEL À L’ACTION : Les revendications urgentes du collectif

Les associations et militantes ne se contentent pas de dénoncer ; elles exigent des mesures immédiates pour que le sacrifice d’Asma ne soit pas vain :

  1. Effectivité du signalement : Les institutions doivent cesser d’ignorer la parole des enfants. Tout signalement de danger doit entraîner une évaluation immédiate et une mise à l’abri, sans attendre le passage à l’acte.
  2. Abrogation de la « clause du pardon » : Les militantes exigent la fin de cette disposition légale qui permet aux agresseurs d’échapper à la justice sous la pression familiale.
  3. L’État comme partie civile : Le collectif appelle l’État algérien à se constituer systématiquement partie civile lors d’atteintes graves à l’intégrité physique des citoyennes et des enfants.
  4. Hébergement d’urgence : Face à l’augmentation de la détresse féminine, la création de centres d’hébergement sécurisés est devenue une urgence vitale.

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