Si l’histoire de la musique algérienne regorge de figures emblématiques, certaines restent pourtant méconnues du grand public. Cheikh Naam en fait partie. Véritable artisan du Raï dans sa forme traditionnelle, son influence s’est pourtant diluée au fil du temps, éclipsée par l’essor du Raï moderne.
C’est pour rendre hommage à son œuvre et à son apport au patrimoine musical algérien que le groupe Djmawi Africa a décidé de revisiter l’un de ses morceaux. Une reprise audacieuse qui fusionne les sonorités du Raï et du Chaâbi, tout en optant pour une approche acoustique, fidèle à l’identité musicale du groupe.
Une fusion inédite entre Raï et Chaâbi
Avec ce réarrangement, Djmawi Africa démontre une fois de plus sa capacité à réinterpréter des classiques tout en y apportant sa propre signature. Fondé en 2004, le groupe s’est imposé comme une référence de la scène world music algérienne, mêlant habilement gnawa, rock, reggae, chaâbi et musique andalouse.
Connus pour leur énergie scénique et leur instrumentation riche, les membres de Djmawi Africa ont souhaité, à travers cette reprise, bâtir un pont entre le Raï et le Chaâbi, deux genres qui partagent des racines profondes, mais dont la rencontre est encore trop rare dans les productions musicales actuelles.
Dans cette version réarrangée, le mandole, instrument emblématique du Chaâbi, s’invite dans la structure du morceau, lui conférant une couleur musicale nouvelle. Ce choix témoigne d’une volonté d’ancrer davantage le Raï dans ses influences traditionnelles, tout en le sublimant avec une approche plus acoustique.
« Nous voulions avant tout redonner à Cheikh Naam la place qu’il mérite, car il a énormément contribué à ce style. Cette reprise est une manière de lui rendre hommage, mais aussi de montrer que le Raï et le Chaâbi partagent des racines communes qui méritent d’être explorées ensemble. » – explique Abdou el Kessouri, leader du groupe.
Une sortie symbolique pour le 8 mars
Au-delà de l’aspect musical, Djmawi Africa a choisi de dévoiler cette reprise le 8 mars, en clin d’œil à la Journée internationale des droits des femmes. Un choix qui s’inscrit dans une démarche plus large de transmission et de mise en lumière du patrimoine musical algérien, tout en rappelant que la musique a toujours été un vecteur de liberté et d’expression.
Avec cette initiative, Djmawi Africa prouve une fois de plus son attachement aux racines culturelles de l’Algérie, tout en offrant un regard moderne sur des traditions musicales parfois délaissées. Cette fusion entre Raï et Chaâbi, portée par des arrangements acoustiques et une énergie sincère, résonne comme un appel à redécouvrir les grands noms oubliés de la musique algérienne.
Cheikh Naam, à travers cette relecture, retrouve ainsi une place légitime dans le paysage musical contemporain, rappelant que son héritage est toujours vivant et qu’il continue d’inspirer les nouvelles générations d’artistes.
Pour les amateurs de musique live, Djmawi Africa sera en concert le 22 mars à la salle Ibn Zeydoun. Une occasion unique de (re)découvrir le groupe sur scène et d’apprécier l’énergie communicative qui fait sa renommée. Ce concert promet une immersion dans l’univers éclectique de la formation, avec un mélange de rythmes traditionnels et contemporains qui font vibrer le public depuis plus de deux décennies