Boualem Sansal a-t-il vraiment perdu sa nationalité ? Les zones d’ombre d’une annonce fracassante.

Boualem Sansal « déchu » de sa nationalité algérienne : Entre séisme médiatique à Paris et réalité juridique à Alger

C’est l’annonce qui fait la Une de tous les grands journaux en France : l’écrivain Boualem Sansal a déclaré publiquement ne plus être Algérien. Mais alors que les plateaux TV s’enflamment de l’autre côté de la Méditerranée, une question cruciale se pose : est-ce vraiment possible ? Entre effet d’annonce et immuabilité de la loi, nous avons enquêté.

Une déclaration choc devant des lycéens

C’est lors d’une rencontre avec des élèves, rapportée par Le Figaro, que l’auteur de « 2084 » a lâché cette bombe : il serait désormais uniquement « citoyen français ». Cette affirmation relance instantanément la polémique autour de l’écrivain, souvent critiqué pour ses prises de position radicales vis-à-vis de son pays natal.

Le mur du droit : La nationalité algérienne ne se « perd » pas si facilement

Pourtant, la réalité administrative pourrait bien contredire le récit médiatique. En Algérie, le Code de la nationalité est formel : la nationalité d’origine, basée sur le droit du sang, est quasi immuable.

Contrairement à une naturalisation, on ne retire pas la nationalité d’un Algérien d’origine par simple plaisir. Une déchéance est une procédure d’exception, nécessitant des preuves de crimes gravissimes et, surtout, la publication d’un décret officiel au Journal Officiel. À ce jour, aucun document de ce type n’a été rendu public.

Info réelle ou stratégie de communication ?

Alors, comment expliquer ce décalage ? Deux hypothèses s’affrontent :

  1. Un divorce symbolique : L’écrivain met en scène une rupture identitaire pour nourrir son image de « banni » auprès d’un public français très réceptif.
  2. Une procédure fantôme : Une décision aurait été prise dans l’ombre, mais sans aucune base légale apparente pour l’instant.

Le silence d’Alger face au bruit de Paris

Pendant que les éditorialistes parisiens s’indignent, Alger reste de marbre. Aucun commentaire officiel, aucune confirmation. Ce silence renforce l’idée d’une polémique essentiellement destinée à la consommation médiatique étrangère. En Algérie, la nationalité n’est pas un titre que l’on rend sur un plateau de télévision, mais un lien juridique indéfectible.

Au final, Boualem Sansal est-il vraiment déchu, ou assistons-nous à un coup de communication magistral ? Le mystère reste entier, mais la loi, elle, ne change pas.

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