Le suspense est levé. Lors de son entrevue périodique avec les représentants des médias nationaux diffusée ce samedi 7 février 2026, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a tranché de manière catégorique : l’autoroute Est-Ouest restera gratuite. Cette décision met fin à des années de spéculations et de rapports contradictoires sur la mise en place d’une tarification sur cet axe névralgique.
Une décision présidentielle ferme et définitive
Alors que des rumeurs persistantes circulaient encore en novembre 2024, le chef de l’État a profité de sa rencontre médiatique pour clarifier la position de l’Algérie. Sa déclaration ne laisse aucune place au doute :
« Il n’y aura pas de points de péage sur l’autoroute », a affirmé Abdelmadjid Tebboune.
Cette annonce garantit que les automobilistes et les transporteurs pourront continuer d’emprunter les 1 216 km reliant l’extrême est à l’extrême ouest du pays sans débourser un centime. Pour le gouvernement, l’enjeu est double : préserver le pouvoir d’achat des citoyens et assurer la fluidité du transport des marchandises sur la colonne vertébrale de l’économie nationale.
La priorité à la sécurité et à la maintenance
Le choix de la gratuité repose sur un constat pragmatique. Avant d’exiger un paiement pour un service, l’infrastructure doit répondre à des standards de qualité irréprochables. Or, plusieurs tronçons nécessitent encore des interventions lourdes.
Les axes de la stratégie nationale
L’Algérienne des Autoroutes (ADA) a d’ores et déjà réorienté ses priorités sous l’impulsion du ministère des Travaux publics :
- Réhabilitation du réseau : Remise à niveau des portions dégradées pour un confort optimal.
- Sécurité routière : Déploiement de moyens de surveillance et de signalisation renforcés.
- Entretien préventif : Garantir la pérennité de l’ouvrage avant toute velléité de rentabilisation.
Comme l’avait souligné Ali Bouasla, directeur d’entretien de l’ADA, l’objectif premier demeure d’offrir une « infrastructure sûre et bien entretenue ».
Quel avenir pour les 48 gares de péage déjà construites ?
C’est l’un des points techniques les plus sensibles de ce dossier. Depuis le milieu des années 2010, la construction de 48 stations de péage avait été lancée. Si certaines sont inachevées, beaucoup sont déjà prêtes et équipées.
L’enjeu pour l’État sera de réaffecter intelligemment ces investissements publics afin d’éviter qu’ils ne deviennent des « éléphants blancs » à l’abandon le long de l’autoroute.
Dans un contexte de régulation des coûts de transport, la gratuité de l’autoroute Est-Ouest agit comme un amortisseur contre l’inflation des produits de large consommation, dont le prix final dépend largement du coût du fret routier.
L’autoroute Est-Ouest confirme ainsi son statut de service public pur, financé par l’effort national pour soutenir le développement régional et la cohésion du territoire.