C’est une image aussi spectaculaire qu’inquiétante : Beni Haroun, le plus grand barrage d’Algérie, frôle la saturation totale. Avec un taux de remplissage record de 99%, le déversement des eaux vers l’aval est imminent, poussant la wilaya de Jijel à émettre une alerte de sécurité pour plusieurs communes.
Un colosse au bord du déversoir
Situé au cœur d’un système hydraulique stratégique, le barrage de Beni Haroun est le poumon bleu de l’Est algérien. Cependant, les pluies récentes ont propulsé son niveau à un seuil critique. Selon un communiqué officiel, l’eau pourrait atteindre le déversoir dans les jours, voire les heures à venir, provoquant une augmentation soudaine du débit de l’oued en aval.
Les autorités se veulent rassurantes : ce processus est « normal et contrôlé ». Il s’agit d’un mécanisme de sécurité de l’ouvrage pour évacuer le trop-plein. Néanmoins, la puissance de l’eau libérée impose une vigilance absolue.
Quatre communes en état d’alerte
Le risque ne concerne pas la structure du barrage elle-même, mais les zones situées sur le passage des eaux déversées. La wilaya a listé les communes particulièrement exposées :
- Sidi Maârouf
- Ouled Rabah
- El Milia
- El Ancer
Consignes de sécurité : Prudence maximale
Afin d’éviter tout drame humain ou matériel, les habitants et les agriculteurs de ces localités sont priés de :
- S’éloigner impérativement des lits de l’oued et de ses abords immédiats.
- Mettre à l’abri le bétail et le matériel agricole situés en zone inondable.
- Suivre en temps réel les mises à jour des autorités locales et de la Protection Civile.
La nature rappelle sa force, et si le remplissage du barrage est une excellente nouvelle pour les réserves hydriques du pays, la sécurité des riverains reste la priorité absolue.