Procès Tariq Ramadan à Paris : Un mandat d’arrêt et un jugement par défaut

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Absent à l’ouverture de son procès pour viols à Paris ce lundi 2 mars 2026, l’islamologue suisse fait désormais l’objet d’un mandat d’arrêt. La justice française a décidé de poursuivre les débats sans lui, après une expertise médicale ayant jugé son état de santé compatible avec sa présence.

C’est un tournant majeur dans l’une des affaires judiciaires les plus médiatisées de la décennie. Ce vendredi 6 mars, la cour criminelle départementale de Paris a tranché : Tariq Ramadan sera jugé par défaut. Malgré l’absence de l’accusé sur le banc des prévenus, le procès, qui a débuté lundi dernier, suivra son cours jusqu’à la fin du mois.

Un certificat médical remis en question

Hospitalisé à Genève depuis le 27 février, Tariq Ramadan invoquait une poussée sévère de sclérose en plaques pour justifier son incapacité à se rendre à Paris. Ses avocats plaidaient pour un report, le temps que leur client soit en état de se défendre.

Cependant, la cour a ordonné une expertise médicale indépendante pour vérifier ces allégations. Les conclusions rendues cette semaine sont sans appel : les experts n’ont décelé aucun signe clinique récent de poussée inflammatoire. Pour la justice, rien ne s’opposait physiquement à son déplacement. En conséquence, le tribunal a rejeté la demande de renvoi et a émis un mandat d’arrêt à l’encontre de l’intellectuel de 63 ans.

Trois plaignantes et un lourd passif judiciaire

Ce procès parisien porte sur des accusations de viols d’une « gravité exceptionnelle », selon les parties civiles. Les faits dénoncés par trois femmes se seraient déroulés entre 2009 et 2016. Pour les plaignantes, l’absence de l’accusé est vécue comme une ultime dérobade, alors qu’elles attendent ce face-à-face depuis des années.

La situation de Tariq Ramadan est d’autant plus précaire qu’il est déjà sous le coup d’une condamnation en Suisse. En septembre 2024, la justice genevoise l’avait condamné en appel à trois ans de prison, dont un an ferme, pour des faits similaires remontant à 2008.

La défense quitte la salle

La décision de la cour a provoqué une rupture immédiate avec la défense. Estimant que les droits de leur client ne sont plus garantis et qu’un « procès sans l’accusé est une parodie de justice », les avocats de Tariq Ramadan ont choisi de quitter l’audience.

Malgré ce box vide et cette défense absente, le calendrier judiciaire reste maintenu. Les témoignages et l’examen des preuves vont s’enchaîner jusqu’au verdict attendu le 27 mars. Le mandat d’arrêt émis pourrait, à terme, poser la question d’une extradition ou d’une arrestation si l’accusé venait à quitter le territoire suisse.

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