À seulement deux mois du coup d’envoi initialement prévu pour mars 2026, le Maroc a officiellement renoncé à l’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) féminine. Face à cette situation d’urgence, la Confédération Africaine de Football (CAF) a désigné l’Afrique du Sud comme nouvel hôte. Un retrait tardif qui place le Royaume sous la menace de lourdes sanctions sportives et financières.
Une annonce de dernière minute
L’information est tombée comme un couperet : le Maroc n’accueillera pas la prochaine CAN féminine. C’est la vice-ministre sud-africaine des Sports, Peace Mabe, qui a confirmé la nouvelle lors de la cérémonie de la Hollywoodbets Super League :
« Lorsque le Maroc a indiqué qu’il n’était pas prêt, nous avons répondu présents. Nous disposons des infrastructures nécessaires. Nous avons organisé la Coupe du monde 2010, nous sommes prêts. »
Ce changement d’hôte à seulement 60 jours de l’événement force la CAF à une réorganisation éclair pour maintenir la compétition, essentielle pour l’attribution des places qualificatives à la Coupe du Monde 2027 au Brésil.
Un retrait sur fond de tensions diplomatiques et sportives
Si les raisons officielles évoquent des contraintes de préparation, le calendrier de ce désistement interroge. Ce retrait survient dans un climat de tensions persistantes au sein des instances de la CAF. Faut-il y voir une conséquence des récentes sanctions disciplinaires infligées après la rencontre face au Sénégal, ou le signe d’un essoufflement dans les relations entre Fouzi Lekjaa et Patrice Motsepe ? Bien que rien ne soit confirmé, la coïncidence entre les déboires sportifs récents du Royaume et ce renoncement tardif alimente toutes les discussions dans les chancelleries du sport africain.
Le Maroc menacé d’une exclusion historique
Selon les règlements de la CAF, un retrait à moins de six mois du tournoi final expose la nation organisatrice à des sanctions extrêmement sévères :
- Amende financière : Une pénalité de 250 000 dollars.
- Dédommagements : La prise en charge intégrale des préjudices financiers et moraux subis par la CAF et ses partenaires.
- Sanction sportive : Une suspension des deux prochaines éditions de la CAN féminine pour la sélection nationale marocaine.
Si ces sanctions sont appliquées, les « Lionnes de l’Atlas » seraient exclues de l’édition 2026, perdant ainsi toute chance de se qualifier pour le Mondial 2027.
Quel impact sur la compétition ?
Sur le plan purement sportif, ce forfait redistribue les cartes de manière spectaculaire. Le Groupe A, qui devait voir s’affronter le Maroc, le Sénégal et l’Algérie, se retrouve orphelin de son favori et pays hôte originel.
Pour les Vertes d’Algérie, ce bouleversement administratif pourrait s’avérer être une aubaine inattendue. L’absence potentielle d’un concurrent direct de ce calibre simplifierait considérablement le chemin vers le dernier carré, et par extension, vers une qualification historique pour le Mondial au Brésil. Reste à savoir si la victoire se gagnera sur le tapis vert ou si le terrain reprendra ses droits dans une compétition dont la sérénité semble déjà compromise.